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mardi 23 novembre 2021

Aux Sources de l’éthique n° 7

Le concept d’éthique de la discussion est beaucoup plus complexe que son utilisation commune et intuitive.

Qui a dit ?

" Nous sommes… en droit d’attendre d’une éthique de la discussion qu’elle puisse… faire valoir le rapport interne entre ces deux aspects, traités séparément dans les éthiques du devoir et celles du bien, que sont la justice et le bien commun. "

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Il s’agit de Jürgen Habermas qui avec Karl-Otto Appel a argumenté le fondement de l’éthique de la discussion, bâtie sur une série d’objections à la morale de Kant.

Pour la morale du devoir de Kant, rien ne peut être  tenu sans restriction pour bon « si ce n’est seulement une bonne volonté ». Une bonne volonté est une intention « pure », « sincère » d’agir par devoir. En effet une action n’a de valeur morale véritable que si elle est accomplie par devoir, c’est-à-dire par respect pour la loi morale. Cette loi morale, universelle, est en nous, véritable « connaissance morale de la raison humaine commune ». Ainsi une action accomplie par devoir tire sa valeur morale, « non pas du but qui doit être atteint par elle » mais de la volonté d’agir par devoir c’est-à-dire en se demandant si la « maxime » (la règle) d’après laquelle l’action est décidée peut devenir une loi universelle. Des impératifs catégoriques mettent la volonté humaine, imparfaite, en adéquation avec la loi.

« L’éthique de la discussion dépasse l’approche purement intérieure… de Kant, qui escomptait de chacun qu’il entreprenne dans son for intérieur… la mise à l’épreuve de ses maximes d’action ». S’appuyant sur Hegel, Habermas distingue « un agir effectué sous des lois morales » et une praxis (« un agir moral réflexif ») visant « la réalisation des lois morales », orientée vers « l’intercompréhension ». Et c’est ainsi qu’une éthique de la discussion doit certes tenir compte des « impératifs catégoriques »  qui fondent les règles dont l’universalité ne peut  être décidée non par la seule conscience de chacun mais par l’accord argumenté de tous.

L’éthique de la discussion doit en outre tenir compte de la visée de la vie bonne donc des « éthiques du sentiment » comme l’éthique du care « qui accordent une « place privilégiée » au souci altruiste sans opposer la justice et la sollicitude, le bien de tous au sens utilitariste du terme et le bien-être de chacun.

Ainsi l’éthique de la discussion relève donc d’une procédure qui ne vise pas à produire des normes mais à les évaluer rationnellement grâce au langage qui permet la communication interhumaine argumentée et orientée vers l’intercompréhension. C’est donc la procédure de l’argumentation morale qui prend la place de l’impératif catégorique dont l’universalisation est questionnée: seules peuvent prétendre à la validité les normes qui recueillent l’accord de toutes les personnes concernées participant à une discussion pratique. Cette entente dépend simultanément de l’autonomie d’individus insubstituables, capables de dire oui ou non  et de « leur enchâssement dans des formes de vie intersubjectivement partagées » permettant « le dépassement de la perspective égocentrique ».

Bien entendu Habermas admet que le consensus de la communauté « discutante » n’est pas toujours possible.

 Voir pour détails E. Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs et J. Habermas, De l’éthique de la discussion

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